Elle écrit, consciente que la poésie de ses mots s'est évaporée avec le temps. Elle écrit, pour que quelqu'un se souvienne qu'un jour qu'elle a écrit, quelque part, sur des bouts de papiers glissés dans les pages d'un livre bon marché. Elle sème des graines, quelques indices, quelques pistes qui les meneront à la découverte d'un carnet rouge rempli de lignes noires. Elle se tait, à quoi bon parler dans un monde où les hommes n'ont plus d'espoir. Elle pose un pied devant l'autre, et lève les yeux aux ciels, n'a pas peur de trébucher dans cette ville remplie de gratte-ciels. Tout est ordonné, concis, précis, utile, rapide, le temps passe vite, si vite que les hommes l'effleurent seulement. Cette populasse de masse aux soucis futiles l'etouffe dans la course compétitive du néant, tandis qu'elle s'échappe légèrement. Peu à peu, le ciel s'éclaircit, les nuages s'estompent, et sous le mensonge et l'injustice renait l'honnêteté et l'amour. De courts instants de vie. Quelques secondes éphémères. La chûte est rude. Mais l'essentiel est là. Elle vit.
Vivez..